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Une diffusion du savoir pour restituer les sciences au service de l'homme

L'importance d'une communication scientifique efficace 

L’intérêt d’une médiation scientifique de qualité, notamment par le biais de la vulgarisation, prend une toute autre signification depuis le XXIème siècle. Si autrefois elle était synonyme d’une diffusion unilatérale depuis l’élite détentrice de savoir vers le large public, elle permet aujourd’hui de le sensibiliser, notamment pour lui permettre de devenir acteur de l’évolution scientifique de sa société (Bensaude-Vincent, 2010) . Elle permet d’inscrire les sciences dans la démocratie et de les rendre au service des citoyens, selon son but initial et principal. Ainsi, un partage de connaissances efficace se doit d'inciter l'implication du public dans les objectifs scientifiques, ce qui induit une évolution des formules classiques de médiation scientifique (Bucchi, 2008) . Dans cette démarche, les outils pourraient être les forums de discussion, enquêtes, auditions publiques, cafés de sciences permettant une prise de contrôle du progrès par et pour son principal intéressé : l’HUMAIN.

 

Un public éveillé responsable de l'avancée scientifique de sa société

Si les sciences ont pendant longtemps été placées hors du débat publique, au nom de l’adage « on n'arrête pas le progrès » ou encore « la science découvre, l’industrie applique, l’homme se conforme », slogan de l’exposition de Chicago en 1933 (Bensaude-Vincent, 2010) , un public éveillé et sensibilisé peut s’assurer que le progrès scientifique se fasse au nom de l'intérêt commun et non pour l'intérêt financier de quelques élites (Nicolino, 2007) . Ainsi le « public » n’est plus une masse passive et indifférenciée de consommateurs définis par leur défaut de science, mais peut également se réapproprier son rôle de groupement citoyen. C’est par ce mécanisme que ONG, associations et collectifs deviendront co acteurs de la recherche, invités à coopérer dans la construction du savoir et de sa diffusion (Bensaude-Vincent, 2010) .  

Certains auteurs attribuent ce changement radical du rôle scientifique du grand public à des moments de crises hérités d’une utilisation peu responsable des avancées scientifiques : l’accident de Tchernobyl, la maladie de « la vache folle », l’affaire du sang contaminé, les scandales successifs concernant les médicaments à effets secondaires dramatiques (Distilbene, Médiator, Statines....)

Une de ces crises encore d’actualité est celle causée par les OGM qui illustre bien la nécessité d’une démocratie éclairé pour qu'elle puisse s'approprier l’avancée des savoirs et techniques. Sans cette prise de conscience, intérêt et profits des progrès scientifiques tomberaient inéluctablement dans l'escarcelle des représentants du lobbying (Robin, 2008). 

Cette démarche est d'autant plus vraie pour les grands domaines scientifiques qui concernent l’avenir de l’humanité, avec parmi eux la protection environnementale, la gestion des énergies et bien sûr la santé (Bensaude-Vincent, 2010).

C’est dans ce sens que doivent être réalisées une communication et une médiation scientifiques de qualité sur la médecine, afin que les citoyens puissent devenir co acteurs de l’évolution scientifique touchant à la santé, à leur santé, à celle de leurs proches. De co acteur, le citoyen doit également intégrer le débat, au delà des dogmes et paradigmes en tant que auditeur et intervenant direct.

 

 

Killian Girardin Andreani

 

Références

 

Bensaude-Vincent, B., 2010. Splendeur et décadence de la vulgarisation scientifique. Les cultures des sciences en Europe. n° 17, p. 19-32

Bucchi, M., Trench, B., 2008. Handbook of Public Communication of Science and Technology. Routledge. London, 253 p. 

Nicolino, F., Veillerette, F., 2007. Pesticides, révélations sur un scandale français. Librairie Arthème Fayard, Paris, 384 p. 

Robin, M. M., 2008. Le monde selon Monsanto. Edition La Découverte, Paris, 370 p.